Et que des yeux sans tête flottaient comme des mollusques

1896

Odile Redon (1840 - 1916)

Planche XIII de La Tentation de St. Antoine
Lithographie sur chine

Odilon Redon1

Odilon Redon s’initie à partir de 1865 aux techniques de l’estampe avec le dessinateur et graveur Rodolphe Bresdin. Ses fusains, dessins et lithographies en noir et blanc sont regroupés sous la terminologie des « Noirs ». En 1879, « Dans le rêve » constitue son premier recueil de lithographie.

Les yeux, les têtes isolées, les créatures étranges renvoient à un univers fantastique. Une beauté paradoxale, héritée du romantisme noir, subvertie les codes et normes avec des œuvres perpétuellement ouvertes à l'interprétation. L’étrangeté de ses créations, son appel à l'imaginaire et au rêve suscite d’ailleurs l'enthousiasme d’un cercle d'écrivains : Stéphane Mallarmé, Émile Hennequin ou encore Joris Karl Huysmans qui cite longuement Odilon Redon dans « A Rebours ».

Odilon Redon interprète en estampes plusieurs textes littéraires dont une trilogie autour de « La Tentation de saint Antoine » de Gustave Flaubert, édité en 1874. Odilon Redon publie les recueils « La Tentation de saint Antoine » de 1888, « À Gustave Flaubert » en 1889 et « La Tentation de saint Antoine » de 1896.

Le sujet du poème de Flaubert, qui relate les apparitions de saint Antoine, offre la possibilité à Odilon Redon de rendre compte des visions généralement tourmentées par la Mort ou des êtres imaginaires de l’ermite.