Maurice Denis "Fragment de plage"

Au bord de l'eau - Plaisirs des rives et des plages (1860-1930)
27 juin - 30 septembre 2018

Musée Rolin, Autun (FR)

RETROUVEZ

Maurice Denis
Fragment de plage
1919
Huile sur toile
88,2 x 112,7
Coll. MUba Eugène Leroy I Tourcoing

Maurice Denis

Lors de l'exposition

Au bord de l'eau - Plaisirs des rives et des plages (1860 - 1930)

A travers le naturalisme, mouvement littéraire et artistique des dernières décennies du XIXe siècle, la représentation d’une société de loisirs émergente séduit les artistes et transforme les paysages des bords de fleuves et de rivières.
La peinture en plein air les confronte à l’éclat de la lumière et la fraîcheur des couleurs ; elle permet peu à peu de découvrir le corps dénudé qui s’exprime librement dans la baignade ou les jeux de plage.
Quand les peintres installent leur chevalet au bord de l'eau
Dès 1850, des peintres comme Daubigny, Cézanne, Lépine ou Pissarro partent explorer une banlieue encore méconnue : sur les toiles des artistes se révèlent des régions naturelles, préservées, campagnardes et idylliques. L’eau, surtout, est omniprésente. A l’image de Corot, Vlaminck, Sisley, Monet, Utrillo, Besnard, Caillebotte, Jongkind, une génération de peintres, dessinateurs, graveurs posent leurs chevalets en bordure des fleuves, rivières. A quelques encablures de la capitale, (Chatou, Bougival, Étampes, Meudon...), le charme de la Seine et la Marne opère. Mais la banlieue parisienne n’est pas la seule : le moindre cours d’eau, le rivage d’un fleuve, le bord d’un lac suscitent la fascination, ils contribuent au naturalisme ambiant. Selon les saisons, les sensibilités et les mouvements artistiques, les peintres plantent leur chevalet en plein air, explorent ces bords de l’eau et observent les acteurs qui les fréquentent assidûment.
L'eau, source de tous les prétextes
Au travers de l'exposition Au bord de l'eau présentée au musée Rolin, le visiteur pourra apprécier diverses circonstances qui ont inspiré les artistes.
Le long des cours d'eau
Le cours paisible des fleuves leur offre (Jean Laronze) des opportunités picturales, l’eau reflétant parfaitement un ciel changeant ou l’atmosphère unique d’une saison (Etienne de Martenne). En-dessous d’un pont, peintres et dessinateurs observent les reflets de la lumière (Charles-Philibert Mariller).
Au bord de la plage
Contrepoint des surfaces calmes des mares, étangs ou lacs, l’attrait des plages ne fait que croître : le développement des lignes de chemin de fer et l’engouement pour les séjours balnéaires popularisent celles-ci (Eugène Boudin, Armand Charnay). Jeux de plages riment avec jeux de lumière sur l’eau, dans le ciel et sur les corps qui se dénudent peu à peu.
Le corps dévoilé
La découverte des corps et du mouvement libéré du carcan vestimentaire permet aux artistes nabis d’osciller entre nu réaliste et nu idéalisé (Maurice Denis, Maillol,) ; la révolution cubiste et le retour à la figuration de l’après-guerre (Jean Souverbie) permettent d’assister à une véritable remise en cause de toute idée de beauté, de vraisemblance et de proportion.
Disloqué, défiguré, géométrisé, stylisé, le corps traverse et ébranle la représentation picturale et sculpturale de la première moitié du XXe siècle. Mais, s’affranchissant même de la représentation, il se donne à voir comme présence souvent insouciante et joyeuse.

PLUS D'INFORMATIONS ICI